
Poème 129 – Pierre de Ronsard

Je parangonne à ta jeune beauté,
Qui toujours dure en son printans nouvelle,
Ce mois d’Avril, qui ses fleurs renouvelle,
En sa plus gaie & verte nouveauté.
Loin devant toi s’en fuit la cruauté,
Devant lui fuit la saison plus cruelle.
Il est tout beau, ta face est toute belle :
Ferme est son cours, ferme est ta loiauté.
Il peint les chams de dis mile couleurs,
Tu peins mes vers d’un long émail de fleurs :
D’un dous Zephyre il fait onder les plaines,
Et toi mon coeur d’un soupir larmoiant :
D’un beau crystal son front est rousoiant,
Tu fais sortir de mes yeus deus fontaines.























