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Je voudrais pour bercer mon ennui – Stuart Merrill

Coin de port le soir à Honfleur, Félix Vallotton (1914)

Tableau : Coin de port le soir à Honfleur, Félix Vallotton, 1914

Je voudrais, pour bercer mon ennui,
Des mots qui n’eussent pas plus de suite
Que le bruit de la brise, la nuit,
Ou de l’eau dont écume la fuite.

Je rêve à des sons indéfinis
Que n’alourdirait nulle parole,
Gazouillis qui s’éteint dans les nids,
Vol d’abeille autour d’une corolle.

Ce serait dans le monde et mon cœur
Ce rien qui fait vivre le silence,
Comme un baiser effleure un dormeur
Sans l’éveiller de sa somnolence.

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