
Deux heures du matin – Edmond Rostand

On arrive devant sa maison… Bonsoirs… Cris…
«Au revoir!… au revoir!…» Gestes par les portières
Et voilà Doralise aux mains des chambrières.
Sa chambre. On la délace. Elle s’endort debout.
Le grand lit la reçoit. Ses forces sont à bout.
Il est temps que ce jour plein de choses finisse.
Elle n’est qu’une pauvre et faible Bérénice,
Et ce soir, cependant, elle peut dire, ainsi
Que Tite: «Je n’ai pas gaspillé ce jour-ci.»
Elle répète: «Ainsi que Tite… ainsi que Tite…»
Et sa tête aux coussins tombe, toute petite.
Oui… Phylante… elle va l’aimer… c’était fatal…
Tout repasse et se mêle… Un cachet de crystal
Danse le menuet… Phylante… Un peu grisée,
Elle entend des grelots tinter… Une fusée
Revient sous sa paupière éclore en gerbe d’or.
Et Sibylle-Anne Ogier de Mirmande s’endort.
1898.
XXII






















