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Chambre d’hôtel morose et vide. Un œillet penche – Tristan Derème

Clair de lune dans le sud du Texas, Julian Onderdonk (1912)

Tableau : Clair de lune dans le sud du Texas, Julian Onderdonk, 1912

Chambre d’hôtel morose et vide. Un œillet penche
Et touche le miroir triste où tu contemplas
Ta gorge nue. eau chaude. eau froide. MM. les
Clients sont priés de régler chaque dimanche.

C’est dimanche. Réglons les comptes de ce cœur.
Rideaux jaunes et noirs, quel funèbre décor !

Tu n’es plus là. J’ai lu Delille et l’Annuaire
Des Téléphones, pour ne plus songer à tes
Sanglots ; mais je voyais tes larmes et restais
Des heures, les yeux clos, trop habile à me nuire,

À remuer ma peine au lieu de l’endormir
Et mâchant ma douleur comme un fruit trop amer.

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