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Welf. – Victor Hugo

Welf. – Victor Hugo

Entre, enfant. Viens souper, et viens, sous l’œil de Dieu,
Dormir sur un bon lit à côté d’un bon feu.
La montagne est l’aïeule et je suis le grand-père.
Le burg sera ton nid comme il est mon repaire.
Le brasier, qui devait chasser les bataillons,
Va faire mieux encore et sécher tes haillons;
Au lieu de voir, devant sa flamme, tout l’empire
Reculer effrayé, je te verrai sourire.
Dieu soit béni! je n’ai pas fait mon feu pour rien.
Cela commençait mal et cela finit bien.
Ah! tu t’en allais donc sans savoir où, perdue,
Ne voyant que du noir dans toute l’étendue!
Il ne sera pas dit, ma fille, qu’à ton cri,
Le vieux roc foudroyé ne s’est pas attendri.
Dans la grande montagne entre, pauvre petite;
Et sois chez toi. Je vais baisser le pont.

Il disparaît. La lumière descend de meurtrière en meurtrière. Le
pont commence à s’abaisser. On voit la lumière entre les barreaux de
la herse. La herse se lève, le pont se baisse et rejoint le bord du
précipice. Welf, la lanterne à la main, traverse le pont et vient à
l’enfant.

Viens.

L’enfant prend la main de Welf. Mouvement dans les piques. Clameurs
dans le ravin. Des soldats sortent d’une embuscade et se précipitent
sur Welf. Cyadmis est à leur tête.

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