
Véronique – Jean Aicard

Véronique, je viens à toi, les yeux noyés,
Pâle et le front suant, au pied de mon Calvaire,
Afin que de ta main douce, que je révère,
Mes yeux, mon front soient essuyés.
Oh! tout homme est un Christ et subit l’injustice
Mais tous ne trouvent pas, en gravissant le mont,
Comme j’ai rencontré Véronique et Simon,
Un cœur tendre qui compatisse.
Je viens à toi, ma sœur, comme un dieu châtié,
Non pas pour que de moi ma douleur se retire,
Mais pour que, suscitant l’amour par mon martyre,
Je puisse croire à la pitié.
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