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Rages de césar – Arthur Rimbaud

Rages de césar – Arthur Rimbaud

L’Homme pâle, le long des pelouses fleuries,
Chemine en habit noir et le cigare aux dents.
L’Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries,
Et parfois son œil terne a des regards ardents.

Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie.
Il s’était dit: Je vais souffler la Liberté,
Bien délicatement, ainsi qu’une bougie.
La Liberté revit: il se sent éreinté.

Il est pris. Oh! quel nom sur ses lèvres muettes
Tressaille? quel regret implacable le mord?
On ne le saura pas: l’Empereur a l’œil mort.

Il repense peut-être au Compère en lunettes,
–Et regarde filer de son cigare en feu,
Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu.

[Octobre 1870.]

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