
Qu’il se souviendra toujours de faustine – Joachim Du Bellay

Quel crime ai-je commis, infortuné? Quelles puissances ai-je offensées,
pour que de cette façon, ô toute ma lumière, tu me sois ravie?
Quand si brusquement tant de joies vous sont arrachées, il faut bien
qu’on ait contre soi la colère de tous les dieux.
Ainsi donc, moi, toi, c’en est fait? Jamais, ô ma vie, je ne te verrai?
Et je n’entendrai pas les mots que tu dis loin de moi, malheureux que je
suis!
Du moins, sois-en sûre, je garderai gravés dans mon cœur les traits de
ton visage, et gravés pour toujours les mots que tu m’as dits de près.
Cela, les dieux ne pourraient pas me l’enlever, ni Jupiter non plus,
non! même s’il m’écrasait de tout son tonnerre.
VIII























