
Que l’heure des adieux est une triste chose – Auguste Barbier

Que l’heure des adieux est une triste chose !
Nous étions tous pensifs… L’enfant, prenant la rose
Qui reposait vermeille à côté de son cœur,
En rêvant inclina ses lèvres sur la fleur.
Et la rose, cédant à cette haleine pure,
Lentement dépouilla sa divine parure,
Et chaque feuille d’or, résistant faiblement,
Une à une tomba du calice embaumant.
L’une ici, l’autre là, toutes à la volée
Prirent à travers l’air une route isolée,
Et, jetant leurs parfums comme un dernier soupir,
À nos pieds inquiets toutes vinrent mourir.
Pauvres feuilles ! Et nous, une fortune amère
Allait nous disperser comme elles sur la terre ;
Chacun de nous peut-être, en se quittant ce soir,
Devait-il s’éloigner pour ne plus se revoir.























