
Printemps – Rosemonde Gérard

Sous le dôme des buissons verts,
Dans les petits sentiers couverts,
Les doux mimosas entr’ouverts
Levaient la tête ;
Et leurs parfums délicieux,
Qui montaient légers vers les cieux,
Donnaient au bois silencieux
Un air de fête.
En sentant les parfums ambrés
Des jolis mimosas dorés,
Les oiselets tout enivrés
Perdaient la tête ;
Ils roucoulaient comme des fous,
Et leurs chants, tant ils étaient doux,
Donnaient au vieux bois plein de houx
Un air de fête.
En entendant les chants joyeux
Des oiselets insoucieux,
Le soleil, un peu curieux,
Montra sa tête ;
Et ses clairs rayons qui, sournois,
Se faufilaient en tapinois
Sous les feuilles, donnaient au bois
Un air de fête.
Or, le soleil et ses ardeurs,
Le chant des oiseaux gazouilleurs,
Et l’arome troublant des fleurs
Mirent ma tête
Si complètement à l’envers,
Que j’écrivis ces quelques vers
Pour dire que les sentiers verts
Étaient en fête.























