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Notice – Louise Labé

Notice – Louise Labé

Adieu Lyon qui ne mords point
Lyon plus doux que cent pucelles…
Lors qu’exerçoi mon corps et mon esprit
En mile et mile euvres ingénieuses.
Louise ha voix que la musique avoue
Louise ha main qui tant bien au luth joue.
Je n’avois vu encore seize hivers
Lors que j’entray en ces ennuis divers :
Et ià voici le treizième esté
Que mon cœur fut par amour arresté.
J’ay de tout tems vescu en son service
Sans me sentir coulpable d’autre vice
Que de t’avoir bien souvent en son lieu
D’amour forcé, adoré comme Dieu.
Goûte le bien que tant d’hommes désirent :
Demeure au but où tant d’autres aspirent :
Je ne dy pas qu’elle ne soit plus belle ;
Mais que jamais femme ne t’aymera.
Ne plus que moy d’honneur te portera.
Mais quoi ? amour ne put longuement voir
Mon cœur n’aimans que Mars et le savoir.
Un peu plus haut que la plaine,
Ou le Rone impetueus
Embrasse la Sone humeine
De ses grands bras tortueus,
De la mignonne pucelle
Le plaisant jardin estoit.
Ô ma belle rebelle
Las, que tu m’es cruelle…

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