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Madame jacqueline lonclas – Jean Aicard

Madame jacqueline lonclas – Jean Aicard

morte le 12 juin 1915

Chère grande sœur,

J’avais commencé ce poème en 1913, et je t’en ai lu les douze premiers
chants en 1914, à la veille de cette guerre, qui, toute une année, fut
ton tourment. Elle te fit dire, le jour où l’on l’apprit qu’un de nos
jeunes amis était tombé sous les balles allemandes:–«Je sacrifierais
volontiers le temps qui me reste à vivre, si ma mort pouvait sauver
pareille jeunesse!» Je sais pourtant avec quel chagrin tu te sentais
arrachée lentement à mon infinie tendresse…

Ce poème, dont la guerre a modifié le plan, sans rien modifier des
conclusions, je te le dédie, comme je t’ai dédié tous mes ouvrages,–car
la mort ne m’a pas séparé de toi: ton âme plus que jamais inspire et
soutient la mienne.

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