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Les gertrude hoffmann girls – Paul Éluard

Les gertrude hoffmann girls – Paul Éluard

Gertrude, Dorothy, Mary, Claire, Alberta,
Charlotte, Dorothy, Ruth, Catherine, Emma,
Louise, Margaret, Ferrai, Harriet, Sara,
Florence toute nue, Margaret, Toots, Thelma,

Belles-de-nuit, belles-de-feu, belles-de-pluie,
Le cœur tremblant, les mains cachées, les yeux au vent
Vous me montrez les mouvements de la lumière,
Vous échangez un regard clair pour un printemps,

Le tour de votre taille pour un tour de fleur,
L’audace et le danger pour votre chair sans ombre,
Vous échangez l’amour pour des frissons d’épées
Et le rire inconscient pour des promesses d’aube.

Vos danses sont le gouffre effrayant de mes songes
Et je tombe et ma chute éternise ma vie,
L’espace sous vos pieds est de plus en plus vaste,
Merveilles, vous dansez sur les sources du ciel.

PARIS PENDANT LA GUERRE

«Amoureux d’une statue.»

Les bêtes qui descendent des faubourgs en feu,
Les oiseaux qui secouent leurs plumes meurtrières,
Les terribles ciels jaunes, les nuages tout nus
Ont, en toute saison, fêté cette statue.

Elle est belle, statue vivante de l’amour.
Ô neige de midi, soleil sur tous les ventres,
Ô flammes du sommeil sur un visage d’ange
Et sur toutes les nuits et sur tous les visages.

Silence. Le silence éclatant de ses rêves
Caresse l’horizon. Ses rêves sont les nôtres
Et les mains de désir qu’elle impose à son glaive
Enivrent d’ouragans le monde délivré.

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