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Le Journal de l’avenir – Charles Cros

Jour calme au bord de la mer III, Lyonel Feininger (1926)

Tableau : Jour calme au bord de la mer III, Lyonel Feininger, 1926

Sur ce trépied, le moins habile
Acquiert le flair d’une sibylle.
…………………….
La roue en grès rugueux entraîne l’eau de l’auge
Et la lame d’acier chuinte, siffle et se tord.
Il faut que l’acier cède au silex qui le mord,
Il faut que l’éclair brille en ce contact suprême
Comme l’éclair des yeux de l’amante à qui l’aime.
…………………….
……………………..
Je l’eus par un beau soir (toutes choses égales
D’ailleurs).
Or, ses parents étaient de vulgaires et pâles
Tailleurs.

J’avais le cœur, bien qu’elle eût horreur de l’étude
Féru…
Mais nul, alléguant, dit Cujas, sa turpitude,
N’est cru.

Qui lui fit ce regard, sous ces éclairs de poudre,
Profond ?
Poser la question, mon cœur, c’est la résoudre
Au fond.

Je lui dis : — Tu n’auras de moi pas une pierre,
Pas un
Diamant, ni louis, ni franc, ni bock de bière,
Corps brun !

Payer ? Jamais ! Si son corps amoureux qui vibre
Changeait ?…
J’aime mieux sagement garder ton équilibre,
Budget !
……………………..

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