
Le quatrième sphinx. – Victor Hugo

Chrem fut roi; sa statue était d’or; on ignore
La date de la fonte et le nom du fondeur;
Et nul ne pourrait dire à quelle profondeur,
Ni dans quel sombre puits, ce pharaon sévère
Flotte, plongé dans l’huile, en son cercueil de verre.
Les rois triomphent, beaux, fiers, joyeux, courroucés,
Puissants, victorieux; alors Dieu dit: Assez!
Le temps, spectre debout sur tout ce qui s’écroule,
Tient et par moments tourne un sablier, où coule
Une poudre qu’il a prise dans les tombeaux
Et ramassée aux plis des linceuls en lambeaux,
Et la cendre des morts mesure aux vivants l’heure.
Rois, le sablier tremble et la clepsydre pleure;
Pourquoi? le savez-vous, rois? C’est que chacun d’eux
Voit, au delà de vous, ô princes hasardeux,
Le dedans du sépulcre et de la catacombe,
Et la forme que prend le trône dans la tombe.






















