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Gustave Caillebotte

Il fut peintre, collectionneur, mécène, organisateur des expositions impressionnistes, architecte naval et régatier. Gustave Caillebotte, fils d’un riche marchand de draps pour l’armée, a vécu à l’abri de toute contingence matérielle, et il a mis cette liberté au service des autres autant que de sa propre peinture : il achetait les toiles de ses amis, finançait leurs expositions, et légua sa collection à l’État, au prix de vives protestations de l’Académie. Mais cette salle est celle du peintre.

Le Caillebotte le plus célèbre, celui des Raboteurs de parquet refusés au Salon de 1875 ou de Rue de Paris, temps de pluie, n’est pas accroché ici. Ce mur, qui court de 1875 à 1888, montre un autre peintre : celui de l’eau, du temps qu’il fait et des bords de rivière.

Il commence à Yerres, dans la propriété familiale de onze hectares où les frères Caillebotte passaient leurs étés à faire du bateau, et où Gustave peint dès 1872 de nombreuses vues de la région. L’Yerres, pluie (1875) est la toile à regarder en premier : la pluie sur une rivière, sujet presque sans sujet, peint l’année même du refus des Raboteurs. Sur le site, elle accompagne Bonsoir d’Auguste Lacaussade. Effet de neige (1878) date de l’année où meurt sa mère ; la propriété d’Yerres sera vendue en juin de l’année suivante.

Vient ensuite Paris, avec La rue Saint-Denis, Montmartre (1880). Caillebotte habite alors boulevard Haussmann avec son frère Martial ; il expose cette année-là encore avec les impressionnistes. Parmi eux, il fut, selon Anne-Birgitte Fonsmark, « l’interprète le plus intransigeant de la ville transformée ».

Les deux dernières toiles mènent à Argenteuil et à la Seine. Membre du Cercle de la voile de Paris, dont le siège est au Petit Gennevilliers, tout près d’Argenteuil, initié à la voile par Sisley, Caillebotte dessine des bateaux, commande des voiliers, remporte des régates sur le bassin d’Argenteuil. Le pont de la prairie à Argenteuil (1885) et Bateau à l’ancre à Argenteuil (1888) viennent de ce monde-là ; en 1888, justement, il s’installe définitivement au Petit Gennevilliers, au bord de l’eau. Le bateau immobile, à l’ancre, dit bien la dernière époque, où il peint moins et se donne au jardin et à la navigation. Le site l’a confié à Solitude d’Edmond Haraucourt.

Caillebotte meurt le 21 février 1894, à quarante-cinq ans, frappé d’une congestion cérébrale alors qu’il travaillait à un paysage dans son jardin.

L'Yerres, pluie, Gustave Caillebotte (1875)
L'Yerres, pluie1875AccompagneA une jeune amie – Théophile Gautier · Ballade de la lyre – Jean Richepin · Bonsoir – Auguste Lacaussade
Voir les autresCe n’est pas la faute à nous deux – Rosemonde Gérard · De vos yeux le mirouer – Pierre de Ronsard · Eh bien, je le voulais – André Chénier · III. — l’anse du panier. – Franc-Nohain · Il y aura un jour un jeune poète - Jean-Joseph Rabearivelo · Le Nid d’amours – Auguste Lacaussade · Ô Pessimiste, mon ami – Jacques Normand · Que le sort, quel qu’il soit, vous trouve toujours grande – Victor Hugo
Effet de neige, Gustave Caillebotte (1878)
Effet de neige1878AccompagneBallade de la petite boiteuse et du petit bancroche – Maurice Mac-Nab · Expulsé de Belgique – Victor Hugo · Impossible - Vladimir Maïakovski
Voir les autresL’Esclave – François-René de Chateaubriand
La rue Saint-Denis, Montmartre, Gustave Caillebotte (1880)
La rue Saint-Denis, Montmartre1880AccompagneErmione – Albert Samain · Forts et durs - Léon Degrelle · Paul Verlaine — Le prince des poètes, à l'hôpital
Voir les autresSonnets d’étude – Jacques Madeleine
Le pont de la prairie à Argenteuil, Gustave Caillebotte (1885)
Le pont de la prairie à Argenteuil1885Titre original : Meadow Bridge at ArgenteuilAccompagneÔ Christ quand tu viendras comme Roi, comme Juge – Alice Véga
Bateau à l'ancre à Argenteuil, Gustave Caillebotte (1888)
Bateau à l'ancre à Argenteuil1888AccompagneÀ J.-K. Huysmans – Paul Verlaine · A ténèbres – Émile Verhaeren · Ballade VIII – Charles d’Orléans
Voir les autresDanse macabre – Charles Baudelaire · Envoi – Daniel Thaly · Épître 84 – Voltaire · Fable II. – Jean-Pierre Claris de Florian · Il y a la fleur, il y a la femme… – Charles Cros · Jeannette – Pierre-Jean de Béranger · Jouvence – Henri de Régnier · L’Oubli – Georges Rodenbach · La chevauchée de la mort – Jean Moréas · La Fleur – Charles Le Goffic · La journée – Marie Krysinska · La Mère – Catulle Mendès · Le laconisme – Alexis Piron · Le Somnambule – Maurice Rollinat · Les Communiers – Émile Verhaeren · Les Mauvais Champignons – Maurice Rollinat · Médaille – José-Maria de Heredia · Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos – Stéphane Mallarmé · Parmi mes souvenirs, Clorinde, je choisis – Tristan Derème · Pour vous monstrer que point ne vous oublie – Charles d’Orléans · Projets – Auguste Gilbert de Voisins · Remportée aux cris de vive l'empereur! – Arthur Rimbaud · Ronde sentimentale – Théodore de Banville · Si tu m’aymois de bouche – Pierre de Ronsard · Solitude – Edmond Haraucourt · Un héros de 1870 – Jean-Baptiste Caouette · Un soir, au temps du sombre équinoxe d’automne – Charles Guérin · Vous souvient−il de l’auberge – Paul-Jean Toulet

Pour aller plus loin

Guillain Méjane