
Childe Hassam
Des coquelicots rouges au bord de l’Atlantique, un jardin d’eau, la Cinquième Avenue à la tombée du soir : Childe Hassam a fait avec l’Amérique ce que Monet faisait avec la Seine, et ce mur en donne les deux visages, la ville et le rivage.
Né en 1859 à Dorchester, un quartier de Boston, Hassam commence comme graveur et illustrateur. Il vient à Paris étudier à l’Académie Julian entre 1886 et 1889, découvre l’impressionnisme français, qui le marque durablement, et obtient une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889. Rentré à New York, il peint la ville en impressionniste, puis participe en 1897 à la fondation des Ten American Painters.
La ville, ici, c’est Cinquième Avenue, le soir (1893), le Terminus du tramway de la même année et un Nocturne, passage à niveau, Chicago (1899), dont le titre regarde du côté de Whistler. Hassam aimait l’animation des rues ; il la peignait en rassemblant sur place des croquis, qu’il recomposait ensuite à l’atelier.
Le rivage l’emporte pourtant. L’été, Hassam allait peindre à Appledore, dans les îles de Shoals, au large du New Hampshire, où la poétesse Celia Thaxter tenait salon et cultivait un jardin de fleurs qu’il a souvent représenté. Les deux versions des Coquelicots, îles de Shoals (1891) viennent de là : il y posait, dit-on, ses couleurs telles qu’elles sortaient du tube. Le site a confié l’une de ces toiles au Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, et l’on comprend pourquoi : c’est un paradis d’été vu comme un souvenir.
Il y a aussi Old Lyme, dans le Connecticut, dont ses séjours détournent toute une colonie d’artistes des tons sourds vers la lumière : les Pommiers en fleurs, Old Lyme viennent de ce pays-là. Puis les deux versions du Jardin d’eau (1909). Le Clair de lune sur la mer (1901), qui accompagne Pensées de nuit de Victor Hugo, et La Nouvelle Lune (1907) montrent, avec Isles of Shoals, clair de lune (1890), un Hassam nocturne que l’on connaît moins.
Il a fini par dénoncer les avant-gardes, cubistes et surréalistes, et fut longtemps oublié ; il a fallu attendre les années 1960 pour que l’impressionnisme américain revienne en faveur.

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Pour aller plus loin
- Childe Hassam, American Impressionist, Metropolitan Museum of Art, 2004
- Childe Hassam: Impressionist, Abbeville Press, 1999
Guillain Méjane



















