Sélectionner une page

Jusqu’où peut-on aimer, poursuivre, détenir – Anna de Noailles

Atelier à Antibes, Nicolas de Staël (1955)

Tableau : Atelier à Antibes, Nicolas de Staël, 1955

Jusqu’où peut-on aimer, poursuivre, détenir ?
Quand a-t-on épuisé la quantité des yeux ?
Quand vient l’heure où l’esprit se vante de finir
Ce repas renaissant, intact et captieux ?

Avoir ne donne rien à l’appétit sans terme,
Tout est commencement et dérisoire effort ;
Quel est ce gain léger, cette avance, ce germe,
Tant que tu m’éblouis et que tu n’es pas mort ?

— La concluante mort cependant serait vaine,
J’ai besoin que tu sois quand je ne vivrai plus ;
Je tremble d’emporter dans le froid de mes veines
L’éclat mystérieux par lequel tu m’as plu…

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

Archives par mois