Sélectionner une page

Jean-Baptiste Caouette — Le poète de la ville de Québec

Jean-Baptiste Caouette — Le poète de la ville de Québec

1854 — 1922

Assise sur le haut d’un vaste promontoire
D’où le regard embrasse un féerique tableau,
La ville de Québec semble du territoire
Être la sentinelle ou le porte-drapeau !

Québec

Il a écrit sa ville comme on écrit une personne. Québec assise sur son promontoire, sentinelle et porte-drapeau, ses vieux murs délabrés, son fleuve : c’est un poème d’amour municipal, et il en a écrit beaucoup.

Un employé qui écrivait le soir

Né à Québec en 1854, il y a passé sa vie, employé au service du gouvernement provincial. Rien dans sa biographie ne dépasse — et c’est justement le profil de ces poètes de province, en France comme au Canada, qui tenaient toute une littérature à bout de bras sans rien attendre.

Son recueil, Les Voix intimes, paraît en 1892. Il a aussi publié un roman, écrit des poèmes pour les journaux, célébré les anniversaires et les visiteurs de marque.

La commande, et ce qu’on en tire

Une bonne partie du corpus réuni ici relève de la poésie de circonstance : Samuel Champlain, les Canadiens, la crèche de Noël, un album offert à une demoiselle, un adieu à la Nouvelle-Écosse.

On méprise ce genre, à tort. Il faut savoir écrire pour une occasion : trouver le ton juste devant un public réel, dire quelque chose de vrai dans un cadre imposé. Caouette y arrive plus souvent qu’on ne l’attendrait, parce qu’il connaît son monde.

Et par-dessus tout parce qu’il aimait un lieu précis, ce qui vaut mieux qu’une idée générale. Il est mort à Québec en 1922, dans la ville dont il avait fait un personnage.

Choix de textes

  • Québec — La ville traitée comme une personne — sentinelle et porte-drapeau sur son promontoire.
  • Samuel Champlain — Le fondateur, célébré par un employé du gouvernement provincial.
  • Les Canadiens — Le portrait collectif, exercice périlleux et tenu.
  • Adieu à la Nouvelle-Écosse — Un départ, une province, et la mémoire acadienne en filigrane.
  • La crèche de Noël — La poésie de commande à son emploi le plus modeste, et le plus honnête.
  • Renouveau — Le printemps, qui n’a pas le même sens à cette latitude.
  • La canadienne — Un portrait de femme, et un type national qu’il contribue à fixer.
  • Le jugement — Le versant religieux, obligé dans le Québec de son temps.
  • Sur l’album de Mlle D. M… — Des vers écrits sur un album de jeune fille. Un genre entier a disparu avec lui.

Pour le lire

Les Voix intimes (1892) — son recueil.

Le Vieux Muet (1901) — le roman.

Aucune édition courante en France à ce jour.

Guillain Méjane

Archives par mois