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Illusion – Albert Lozeau

Mystère et mélancolie d'une rue, Giorgio de Chirico (1914)

Tableau : Mystère et mélancolie d'une rue, Giorgio de Chirico, 1914

Je me consolerai par la grâce des choses
Qui sont belles à voir, douces à respirer,
Par la couleur du ciel et le parfum des roses,
Et le charme des yeux qui n’ont pas fait pleurer.

Je regarde ma vitre avec un plaisir calme ;
Un fin jardin d’argent y fleurit pour un jour :
Autour d’un arbre clair s’entrecroisent des palmes,
Des calices givrés penchent leur blanc velours.

En attendant les mois prodigues de nuances,
Je chercherai le bleu, le gris, l’or et le vert
Dans les regards connus aux chères influences ;
De leurs tons délicats je teinterai mes vers.

J’extrairai le bonheur des plus petites choses,
Des rayons, des reflets qui viennent se poser
Légers comme une abeille au cœur ardent des roses ;
Et j’aurai sur la bouche un rêve de baiser !

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