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Cri du Coq – Edmond Haraucourt

Champ de blés verts avec cyprès, Vincent van Gogh (1889)

Tableau : Champ de blés verts avec cyprès, Vincent van Gogh, 1889

La brume s’épaissit. Par minute, une goutte,
Lourde, tombe des toits et claque sur les rocs.
Un vague rayon blanc luit sur le fer des socs ;
L’ombre rêve, immobile, et le silence écoute.

Soudain, vif, poignardant le ciel, trouant la voûte,
Un coq lance son cri d’acier : le cri des coqs
Répond, sonne et ressaute au loin de chocs en chocs.
« Je ne dors pas ! » La nuit vibre et frissonne toute.

— Oubli, soir du malheur ! L’âme va s’assoupir…
Mais qu’un chagrin nouveau nous arrache un soupir,
Un seul, toute la vie en pleurs s’éveille et tremble !

Et l’on entend, du fond des vieux passés, là-bas,
Stridentes, tour à tour, sans fin, sans nombre, ensemble,
Les lointaines douleurs crier : « Je ne dors pas ! »

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