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Poème 145 – Pierre de Ronsard

Poème 145 – Pierre de Ronsard

Entre mes bras qu’ores ores n’arrive
Celle qui tient ma plaie en sa verdeur,
Et ma pensée en gelante tiedeur,
Sur le tapis de ceste herbeuse rive ?

Et que n’est elle une Nymfe native
De quelque bois ? Par l’ombreuse froideur,
Nouveau Sylvain, j’alenterois l’ardeur
Du feu qui m’ard d’une flame trop vive.

Et pourquoi, cieus, l’arrest de vos destins
Ne m’a fait naistre un de ces Paladins
Qui seuls portoient en crope les pucelles ?

Et qui tâtant, baisant, & devisant,
Loin de l’envie, & loin du mesdisant,
Dieus, par les bois vivoient avecques elles ?

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