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Cest amoureux desdain – Pierre de Ronsard

Nature morte aux baies, Louis Valtat (1902)

Tableau : Nature morte aux baies, Louis Valtat, 1902

Cet amoureux desdain, ce Nenny gracieux,
Qui refusant mon bien, me reschaufent l’envie
Par leur fiere douceur d’assujettir ma vie,
Où sont desja sujets mes pensers et mes yeux,

Me font transir le cœur, quand trop impétueux
A baiser vostre main le désir me convie.
Et vous la retirant feignez d’estre marrie,
Et m’appelez, honteuse, amant présomptueux.

Mais sur tout je me plains de vos douces menaces,
De vos lettres qui sont toutes pleines d’audaces.
De moymesme, d’Amour, de vous et de vostre art,

Qui si doucement farde et sucre sa harangue,
Qu’escrivant et parlant vous n’avez traict de langue
Qui ne me soit au cœur la poincte d’un poignart.

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