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Ballade en faveur des dénommés décadents symbolistes – Paul Verlaine

Promenade sur un chemin enneigé, Louis Apol (1909)

Tableau : Promenade sur un chemin enneigé, Louis Apol, 1909

Quelques-uns dans tout ce Paris
Nous vivons d’orgueil et de dèche.
D’alcool encore qu’épris
Nous buvons surtout de l’eau fraîche
En cassant la croûte un peu sèche.
À d’autres fins mets et grands vins
Et la beauté jamais revêche !
Nous sommes les bons écrivains.

Phœbé, quand tous les chats sont gris,
Effile d’une pointe rêche
Nos corps par la gloire nourris
Dont l’enfer, au guet, se pourlèche,
Et Pœbus nous lança sa flèche,
La nuit nous berce en songes vains
Sur des lits de noyaux de pêche.
Nous sommes les bons écrivains

Beaucoup de beaux esprits ont pris
L’enseigne de l’Home qui bêche,
Et Lemerre tient les paris,
Plus d’un encor se dépêche
El tâche d’entrer par la brèche ;
Mais Vanier à la fin des fins
Seul eut de la chance à la pêche.
Nous sommes les bons écrivains.

envoi

Bien que la bourse chez nous pèche,
Princes, rions, doux et divins.
Quoi que l’on dise ou que l’on prêche.
Nous sommes les bons écrivains.

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