
À mon ami Charles Langelier – William Chapman

Parce que quelquefois je suis seul au rivage,
Errant au bord de l’onde, et rêveur et distrait,
Ne va pas, mon ami, me croire un cœur sauvage,
Un cœur blasé pour qui rien n’a le moindre attrait.
Fuyant sans bruit la foule et son vain babillage,
Je vais m’entretenir avec le flot discret,
Enivré des senteurs qui flottent sur la plage,
À la brise je vais confier maint secret.
Et lorsque j’ai longtemps choyé mon plus beau rêve,
Quand j’ai gravé des mots au sable de la grève,
Quand j’ai, d’un œil ardent, sondé l’immensité,
Je reviens au logis où je reprends ma lyre,
Où, l’oreille tendue à la voix qui m’inspire,
Je chante Christ et Liberté.






















