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Veilles-tu, ma senteur de soleil – Charles Van Lerberghe

Vue du port de Dieppe, Eugène Delacroix (1851)

Tableau : Vue du port de Dieppe, Eugène Delacroix, 1851

Veilles-tu, ma senteur de soleil,
Mon arôme d’abeilles blondes,
Flottes-tu sur le monde,
Mon doux parfum de miel ?

La nuit, lorsque mes pas
Dans le silence rôdent,
M’annonces-tu, senteur de mes lilas,
Et de mes roses chaudes ?

Suis-je comme une grappe de fruits
Cachés dans les feuilles,
Et que rien ne décèle,
Mais qu’on odore dans la nuit ?

Sait-il, à cette heure,
Que j’entr’ouvre ma chevelure,
Et qu’elle respire ;
Le sent-il sur la terre ?

Sent-il que j’étends les bras,
Et que des lys de mes vallées
Ma voix qu’il n’entend pas
Est embaumée ?

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