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Un vieillard. – Victor Hugo

Un vieillard. – Victor Hugo

Il ne veut pas qu’on passe à travers sa montagne,
Il est le protecteur d’un pays inconnu.
Qui troublerait ces monts serait le mal venu.
Il est père des bois. Sa tour fait sentinelle.
Il défend le sapin, l’if, la neige éternelle,
La route avec ses fleurs, la biche avec ses faons,
Et les petits oiseaux sont ses petits enfants.
Il guette. Son regard a des éclairs funèbres
Pour quiconque oserait attaquer ces ténèbres.
On voit la silhouette âpre du chevalier
Dans l’entre-croisement des branches du hallier.
Une sérénité nocturne l’environne.
Son casque n’a jamais salué de couronne.
Il se tient là, barrant le chemin, rassurant
La forêt, le ravin, le rocher, le torrent,
Et garde vierge, aux yeux de toute la contrée,
L’ombre où cette montagne auguste donne entrée.

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