
Sur un cœur d’homme incompris – Auguste Gilbert de Voisins
Tu ne ressembles pas à tout le monde,
Heureusement, car on ne sonde
Guère les basses eaux; tu plais,
N’étant jamais «shallow», comme on dit en anglais.
Je ne perds pas mon temps quand je veux te connaître:
Ton être
Est animé d’un courant sourd
Dont on ne prévoit ni la fuite,
Ni les détours,
Ni les sources subites.
Ne change rien à tes couleurs
D’eau profonde; persiste
Dans tes rôles d’ami, d’artiste;
Garde le rythme de ton cœur:
Il fait une musique tendre
Et pure à ceux qui savent bien l’entendre.
D’autres, devant ces eaux qui leur paraissent mortes,
Se lasseront; qu’importe!
Ils ne te comprendraient jamais.
«Ce ne sont point ceux-là, diras-tu, que j’aimais.»
CLXIII
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