
Saint-Chamas – Fernand Mazade

Bordant l’étang sacré, les figuiers lourds de figues
Reluisent encor sous l’embrun.
Un air chaud continue à porter le parfum
Des fleurs salines des Martigues.
Assise sur un tertre où s’endort peu à peu
L’hosanna rauque des cigales,
Vous contemplez le ciel où d’obscures vestales
Veillent devant un astre bleu.
Mon amie, à vos pieds une chèvre se couche
Qui vous choisit comme berger ;
Et par instants la phalène vient voltiger
Dans l’haleine de votre bouche.
De l’île de roseaux à la lande de buis,
De la calanque à la terrasse,
Votre pays jamais n’a montré tant de grâce
À l’heure où vont naître les nuits.
Mais ce qu’ont de plus grand, de plus beau, de plus tendre
Le site et l’automne et le soir,
Ce sont votre regard capable de les voir
Et votre âme de les comprendre.























