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Souvenir d’automne – Stuart Merrill

Cotres de pêche par une nuit de lune, Carl Locher (1888)

Tableau : Cotres de pêche par une nuit de lune, Carl Locher, 1888

Le soir efface l’heure au cadran. Le château,
Coiffé d’ardoise bleue et flanqué de tourelles,
Veille parmi les bois assombris du plateau
Où les vents de la mer apaisent leurs querelles.

Il domine, dressé par d’orgueilleuses mains,
La vallée où l’on voit, sous un ciel monotone,
La brume s’amasser, grise, aux creux des chemins.
C’est déjà le frisson de la première automne.

Un lourd silence tombe. À peine les corbeaux
Croassent-ils encore en volant vers leur gîte.
Les bœufs sont à l’étable où le bruit des sabots
A cessé, car la nuit automnale vient vite.

Les vitres peu à peu s’éclairent. Un instant,
On voit s’ouvrir une porte dans le mur sombre.
Et voici qu’on entend le rire d’un enfant
Qui chante le printemps et semble chasser l’ombre !

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