
Soir d’hiver – Louisa Siefert
L’eau pleure au clair bassin des larmes de cristal,
Le pré s’est revêtu d’une robe argentée,
Des lueurs ont blanchi le ciel oriental
Et la lune apparaît dédaigneuse & lactée.
Le vent souffle du nord & le froid est fatal.
Malheur à qui n’a pas de demeure abritée,
Où la bouilloire au feu dit son chant de métal !
Malheur à qui suit seul la route désertée !
La terre est dure à l’homme & la mort est dans l’air.
Et tandis que par l’astre atteint d’un blanc éclair
Tout mur se dresse ainsi qu’un monument de marbre,
Telle qu’une âme prête à s’en aller d’ici,
Sur le bois noir, au bord de l’horizon, voici
Vénus comme une flamme encre les branches d’arbre.





















