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Quand près de vos maisons je passe tout rêveur – Auguste Brizeux

Crâne de squelette fumant une cigarette, Vincent van Gogh (1885)

Tableau : Crâne de squelette fumant une cigarette, Vincent van Gogh, 1885

Quand près de vos maisons je passe tout rêveur,
Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur,
Je suis un amoureux, et non pas un voleur.

C’est ici, dans cette bruyère,
Qu’enfant, je poursuivais naguère
Une enfant comme moi légère.

Où nous courions tous deux, seul je viens, ô douleur !
Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur,
Je suis un amoureux, et non pas un voleur.

Sa coiffe flottante autour d’elle,
On eût dit une tourterelle
Qui vient de déployer son aile.

Hélas ! l’oiseau sauvage a trouvé l’oiseleur !
Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur,
Je suis un amoureux, et non pas un voleur.

Et le dimanche, au bourg, plus d’une
Disait, jalouse : « Cette brune
Sera la fleur de la commune ! »

Ô brune enfant qu’un autre aspira dans sa fleur !
Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur,
Je suis un amoureux, et non pas un voleur.

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