
Poème xxv – Joachim Du Bellay

J. du Bellay se souvenait probablement de ce poème de Jean Second:
Non dat basia, dat Neæra nectar,
Dat rores animæ suaveolentes,
Dat nardumque, thymumque, cinnamumque,
Et mel, quale jugis legunt Hymetti
Aut in cecropiis apes rosetis,
Atque hinc virgineis et inde ceris
Septum vimineo tegunt quasillo:
Quæ si multa mihi voranda dentur,
Immortalis in iis repente fiam
Magnorumque epulis fruar Deorum.
Sed tu munere parce, parce tali,
Aut mecum dea fac, Neæra, fias:
Non mensas sine te volo Deorum;
Non, si me rutilis præesse regnis,
Excluso Jove, Dii deæque cogant.
(Basia, IV.)
On retrouve les principales idées des Basia Faustinæ dans cet
Autre Bayser des Jeux Rustiques:
Quand ton col de couleur de rose
Se donne à mon embrassement,
Et ton œil languist doulcement
D’une paupiere à demy close,
Mon ame se fond du desir
Dont elle est ardentement pleine,
Et ne peult souffrir à grand’peine
La force d’un si grand plaisir.
Puis quand j’approche de la tienne
Ma lèvre, et que si pres je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambrosienne:
Quand le souspir de ces odeurs,
Ou noz deux langues qui se jouënt,
Moitement folastrent et nouënt,
Evente ces doulces ardeurs,
Il me semble estre assis à table
Avec les Dieux, tant suis heureux,
Et boire à longs traicts savoureux
Leur doulx breuvage delectable.
Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre on me laisse,
Pourquoy ne permets-tu, maistresse,
Qu’encores le plus grand soit mien?
As-tu peur que la jouissance
D’un si grand heur me face Dieu
Et que sans toy je vole au lieu
D’éternelle rejouissance?
Belle, n’aye peur de cela,
Partout ou sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu’à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.























