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Poème 187 – Pierre de Ronsard

Le port de Marseille, Constantin Korovine (1890)

Tableau : Le port de Marseille, Constantin Korovine, 1890

Ces flots jumeaus de lait époissi
Vont et revont par leur blanche valée,
Comme à son bord la marine salée,
Qui lente va, lente revient aussi.
Une distance entre eus se fait, ainsi
Qu’entre deus monts une sente égalée,
En touts endroits de neige devalée,
Sous un hiver doucement adouci.

Là deus rubis haut élevés rougissent,
Dont les raions cest ivoire finissent,
De toutes pars uniment arrondis :

Là tout honneur, là toute grâce abonde :
Et la beauté, si quelqu’une est au monde,
Vole au sejour de ce beau paradis.

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