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Poème 179 – Pierre de Ronsard

Le Palais da Mula, Claude Monet (1908)

Tableau : Le Palais da Mula, Claude Monet, 1908

Puis qu’aujourd’hui pour me donner confort,
De ses cheveus ma Maistresse me donne,
D’avoir receu, mon coeur je te pardonne,
Mes ennemis au dedans de mon fort.

Non pas cheveus, mais un lien bien fort
Qu’Amour me lasse, & que le ciel m’ordonne,
Ou franchement captif je m’abandonne,
Serf volontaire, en volontaire effort.

D’un si beau crin le dieu que Déle honore,
Son col de lait blondement ne decore,
Ni les flambeaus du chef Egyptien.

Quand de leurs feus les astres se couronnent,
Maugré la nuit ne treluisent si bien,
Que ces cheveus qui mes bras environnent.

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