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Poème 156 – Pierre de Ronsard

Poème 156 – Pierre de Ronsard

Aiant par mort mon coeur desalié
De son subget, et l’estincele esteinte,
J’alloi chantant, et la corde desseinte,
Qui si long tans m’avoit ans et lié.

Puis je disois, et quelle autre moitié,
Apres la mort de ma moitié si sainte,
D’un nouveau feu, et d’une neuve estrainte,
Ardra, noura, ma seconde amitié ?

Quand je senti le plus froid de mon ame
Se rembraser d’une nouvelle flame,
Encordelé es rets Idaliens :

Amour reveut pour échaufer ma glace,
Qu’autre oeil me brulle, et qu’autre main m’enlasse,
O flame heureuse, ô plus qu’heureus liens.

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