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Poème 153 – Pierre de Ronsard

Poème 153 – Pierre de Ronsard

Que làchement vous me trompés mes yeus,
Enamourés d’une figure vaine !
O nouveauté d’une cruelle peine,
O fier destin, ô malice des cieus.

Faut- il que moi de moimesme envieus,
Pour aimer trop les eaus d’une fontaine,
Je brule apres une image incertaine,
Qui pour ma mort m’accompaigne en tous lieus ?

Et quoi, faut- il que le vain de ma face,
De membre à membre amenuiser me face,
Comme une cire aus rais de la chaleur ?
Ainsi pleuroit l’amoureus Cephiside,
Quand il sentit dessus le bord humide,
De son beau sang naitre une belle fleur.

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