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Maurice Mac-Nab — Le Chat Noir, et des fœtus dans des bocaux

Maurice Mac-Nab — Le Chat Noir, et des fœtus dans des bocaux

1856 — 1889

On en voit de petits, de grands,
De semblables, de différents,
Au fond des bocaux transparents.

Les Fœtus

C’est un poème sur la collection d’embryons du musée Dupuytren, récité sur la scène d’un cabaret de Montmartre devant un public qui hurlait de rire, et qui s’arrêtait de rire à la dernière strophe.

Voilà le Chat Noir. Voilà Maurice Mac-Nab.

Le cabaret

Rodolphe Salis ouvre le Chat Noir en 1881, boulevard Rochechouart. On y voit naître le théâtre d’ombres, la chanson montmartroise, et une manière de dire des vers debout, en s’accompagnant du geste et du regard, dont tout le cabaret français est sorti.

Mac-Nab y était l’un des plus applaudis. Il avait une diction pincée, un air de croque-mort, et il débitait des horreurs avec une politesse imperturbable.

L’humour noir avant le mot

Ses sujets : les fœtus, une expulsion de locataires, la semaine terrible, des poêles mobiles, un électeur qui ne sait pas pour qui voter, une demoiselle chauve, une petite boiteuse. Rien n’est épargné, et surtout pas la pitié.

Ce n’est pas gratuit. « Les Fœtus » finit sur l’idée que ces avortons, au moins, n’auront pas eu à vivre — et la salle qui riait comprend soudain qu’elle a ri d’autre chose.

Il y a aussi le satiriste politique : « Le Général » vise Boulanger, « Coquin d’populo » et « L’Électeur embarrassé » démontent le suffrage universel avec une méchanceté joyeuse.

Trente-trois ans

Il était fonctionnaire au ministère des Finances et publiait des travaux d’agronomie sous son vrai nom. Il est mort de la tuberculose en 1889, à trente-trois ans, l’année de l’Exposition universelle.

Ses Poèmes mobiles ont été réédités par les surréalistes, qui avaient reconnu quelqu’un.

Choix de textes

Pour le lire

Poèmes mobiles (1886) · Poèmes incongrus (1887) — les deux recueils, réédités par les surréalistes.

Guillain Méjane

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