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Poème 132 – Pierre de Ronsard

Poème 132 – Pierre de Ronsard

Hausse ton æle, & d’un voler plus ample,
Forçant des vens l’audace & le pouvoir,
Fai Denisot, tes plumes émouvoir,
Jusques au ciel ou les dieus ont leur temple.

Là, d’oeil d’Argus, leurs deités contemple,
Contemple aussi leur grace, & leur savoir
Et pour ma Dame au parfait concevoir,
Sur les plus beaus fantastique un exemple,

Moissonne apres le teint de mile fleurs,
Et les detrampe en l’argent de mes pleurs,
Que tiedement hors de mon chef je ruë:

Puis atachant ton esprit & tes yeus
Dans le patron derobé sur les dieus,
Pein, Denisot, la beauté qui me tuë.

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