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Le Poulain – Maurice Rollinat

Le Poulain – Maurice Rollinat

Tout seul dans ces prés frais et creux comme des caves,
Le poulain a si soif de sa mère jument
Que dans l’effort brutal et fou de son tourment
Il a rompu l’anneau de ses lourdes entraves.

La nuit s’approche, — ainsi que d’informes épaves
Glissant au fil de l’eau silencieusement,
Des nuages laineux rampent au firmament,
Et les arbres déjà prennent des airs plus graves.

Le poulain scrute un coin du morne horizon clos :
Mufle et crinière au vent, immobile, il écoute.
Soudain, il a bondi vers un bruit de grelots,

Et, vite, il a rejoint, comme la lune a lui,
Sa mère qui, non moins inquiète de lui,
Halte court, et le fait téter là sur la route.

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