Sélectionner une page

Poème 117 – Pierre de Ronsard

Poème 117 – Pierre de Ronsard

Ce petit chien, qui ma maitresse suit,
Et qui jappant ne reconoit personne,
Et cet oiseau, qui mes plaintes resonne,
Au mois d’Avril soupirant toute nuit:

Et cette pierre, ou quand le chaut s’enfuit
Seule aparsoi pensive s’arraisonne,
Et ce Jardin, ou son pouce moissonne,
Tous les Tresors que Zephyre produit:

Et cette dance, ou la fleche cruelle,
M’outreperça, & la saison nouvelle,
Qui tous les ans rafraichit mes douleurs,

Et son oeillade, & sa parole sainte,
Et dans le coeur sa grace que j’ai peinte,
Baignent mon sein de deus ruisseaus de pleurs.

Archives par mois