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Poème 110 – Pierre de Ronsard

L'Olympic avec des soldats rapatriés, Arthur Lismer (1919)

Tableau : L'Olympic avec des soldats rapatriés, Arthur Lismer, 1919

Sur mes vint ans, pur d’offense & de vice,
Guidé, mal-caut, d’un trop aveugle oiseau,
Ayant encor le menton damoiseau,
Sain & gaillard je vins à ton service.

Ores forcé de ta longue malice,
Je m’en retourne avec une autre peau,
En chef grison, en perte de mon beau :
& pour t’aimer, il faut que je périsse.

Helas ! Que di-je ! Où veus-je retourner !
En autre part je ne puis sejourner,
Ni vivre ailleurs, ni d’autre amour me paitre.

Demeuron donc dans le camp fortement :
& puis qu’au moins veinqueur je ne puis estre,
Que l’arme au poin je meure honnestement.

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