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Oiseaux en cage – Marie Krysinska

Oiseaux en cage – Marie Krysinska

.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}La saison chanteuse et rieuse
Coiffée de corolles roses
Cogne aux vitres moroses,

Vitres où paraissent, pâlies
Des faces de mélancolie
Prisonnières, par la Ville asservies,

Mains de vingt ans
Sur des labeurs languissant
Pauvres mains affairées pour le luxe insouciant !

Minois d’enfants — aux fenêtres des hôpitaux
N’ayant, de la vie, connu que ses maux,
Doigts frêles tendus vers le babil des moineaux.

Visages d’amoureuses délaissées
Qui se rappellent la saison passée
Et les promenades — bras enlacés…
Tous ces tristes regardent sans te voir,
Soleil aux beaux rayons de gloire,
Promesse d’un menteur espoir !

L’éclat de vos frais-écloses couleurs
Blesse leurs yeux en pleurs
Et les fait songer aux funèbres fleurs

Qui s’ouvrent, là-bas, sur des tombes amies,
Où toutes les joies se sont endormies
Jusqu’à l’heure qui réunit !…

Cependant, tu sonnes, carillon de Mai ;
En clochettes blanches comme le lait
Au bois tintent les muguets.

Les lilas balancent sur l’escarpolette
Des brises suaves leurs grappes coquettes
Parfumant l’air léger de leurs cassolettes,

Les squares sont brillants de gazon nouveau…
Dans les cages, les oiseaux
D’un bec désespéré frappent aux barreaux.

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