Sélectionner une page

Nuit d’étoiles – Marie Krysinska

Nuit d’étoiles – Marie Krysinska

À présent sont éteints tous les brasiers du jour,
Leur cendre blême à l’horizon poudroie
Effaçant formes et contours,
Puis, dans l’ombre bleue se noie.

La route est un couloir dans la nuit. —

Par les champs, par les prés noircis,
Les arbres se dressent, consternés.
Leurs silhouettes calcinées
Semblent, par une antique Colère, foudroyées.

Dans l’étendue immobile
Est mort tout espoir de voix
Seul, parfois,
Un chien inquiet aboie :

Mais voici les fleurs du firmament éclore —
Ombelles éblouissantes sur les célestes prés —
Butinés
Par des papillons d’or.

Des corbeilles de diamants sont versées
Par de prodigues mains
Dans les espaces illimités

Des couronnes
Rayonnent
Émeraudes, topazes et saphirs
Couronnes de souverains
Et couronnes de martyrs.

Un navire d’argent
Cingle vers l’Infini, ouvrant
Aux brises heureuses
Ses voiles tissées de nébuleuses.

Les arbres semblent, à leurs branches, porter
Les étoiles — comme des fruits de clarté.

Et, tandis que sur la terre
L’heure nocturne sème
L’opium du sommeil
Et le rêve au large essor ;
Ou l’âpre insomnie du remords

Au zénith la voie lactée —
Route dans l’immensité,
Voie triomphale —
Déroule son fleuve enchanté
De lumière sidérale.

Archives par mois