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LXVI. Je n’aurais pas été moi-même – Anna de Noailles

Aux abords de la ville, Phil Epp (1946)

Tableau : Aux abords de la ville, Phil Epp, 1946

Je n’aurais pas été moi-même
Sans chacun de vous ! — Clairs esprits
À qui j’ai tout offert, tout pris,
Immortellement je vous aime !

Les jours, longuement assemblés,
Me conduisent vers vos espaces ;
Je songe tendrement qu’on passe
Et que je vais vous ressembler !

Déjà un sombre amour pudique
M’unit à ces âmes sans corps.
— J’étais une vivante unique,
Je suis à présent tant de morts !

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