
Les Saisons – André Chénier

L’hiver sous ses frimas tient la terre enchaînée.
Le printemps les dissipe, et lui-même il s’enfuit.
L’été vient ; il s’écoule, et Pomone le suit ;
Et bientôt aux frimas ils ramènent l’année.
Déjà l’hiver expire et Phœbus dans son cours
Partage également et les nuits et les jours.
Nos champs verront bientôt revenir l’hirondelle.
Que j’aime à contempler……..
Ces arbres, nus encor, de nouveaux feux dorés,
Et des toits alentour les faîtes colorés !
Et là, cet humble toit, que des chaumes composent !
Deux pigeons, au soleil, ensemble s’y reposent ;
Leurs yeux et leurs baisers s’unissent mollement.
Leur plumage s’agite et frémit doucement.
Hélas ! je sens couler dans mon âme inquiète
Une mélancolie et profonde et muette ;
Quelque chose me manque, et je ne sais quels vœux…
Ah ! faut-il être seul et témoin de leur jeux !
On dit que l’on a vu, de roses couronné,
Le jeune et beau printemps sur nos bords ramené.
C’est aux autres amants dont l’amante est fidèle
De chanter les douceurs de la saison nouvelle.
Thestilis m’abandonne ; elle a trahi sa foi ;
Il n’est plus de printemps ni de roses pour moi.
Les grottes sous-marines.
Son épaule pliait sous une outre vineuse.























