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Les Princesses – Albert Giraud

Les Princesses – Albert Giraud

Les princesses, de sang et de gloire vêtues,
Lasses des glaives d’or et des pâles joyaux,
Ont pour l’éternité fermé leurs yeux royaux
Et leurs étranges voix à jamais se sont tues.

Elles dorment là-bas, dans un palais vermeil,
Tenant entre leurs doigts des lys de pierreries
Dont les ardents reflets et les flammes fleuries
Évoquent dans leur rêve un jardin de soleil.

Elles dorment ainsi, muettes, invisibles ;
Et nous, les derniers nés de ces siècles paisibles,
Si nous nous rappelons leur charme insidieux,

C’est qu’il nous fut donné, par miracle, d’entendre
Toutes leurs voix chanter dans ta voix âpre et tendre
Et de voir tous leurs yeux briller dans tes grands yeux !

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