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Les lumières dictées – Paul Éluard

Les lumières dictées – Paul Éluard

Les lumières dictées à la lumière constante et pauvre passent avec
moi toutes les écluses de la vie. Je reconnais les femmes à fleur de
leurs cheveux, de leur poitrine et de leurs mains. Elles ont oublié le
printemps, elles pâlissent à perte d’haleine.

Et toi, tu te dissimulais comme une épée dans la déroute, tu
t’immobilisais, orgueil, sur le large visage de quelque déesse
méprisante et masquée. Toute brillante d’amour, tu fascinais l’univers
ignorant.

Je t’ai saisie et depuis, ivre de larmes, je baise partout pour toi
l’espace abandonné.

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