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Les bras qui se nouent en caresses – Jean Moréas

Nature morte au crâne, Paul Cézanne (1866)

Tableau : Nature morte au crâne, Paul Cézanne, 1866

Les bras qui se nouent en caresses pâmées,
Le cordial bu du baiser animal,
Les cheveux qu’on tord, les haleines humées,
Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ?

Ô nos visions les toujours affamées !
Ô les vœux sonnant ainsi qu’un faux métal !
En nos âmes, inéluctables Némées,
Qui viendra terrasser le monstre fatal ?

Et puisqu’il faut que toutes coupes soient brèves,
Puisqu’il faut en vain sur d’impossibles grèves
Chercher le népenthès et le lotus d’or ;

Ne vaudrait-il mieux le Désir qu’on triture :
Ne vaudrait-il mieux te voler ta pâture,
Dégoût carnassier, ô funèbre condor !

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