
Le pays merveilleux – Auguste Gilbert de Voisins

Tableau : Pêcheurs en mer, William Turner, 1796
Ciel jaunâtre, taché de gris,
Sur l’horizon livide;
Pas un souffle d’air, pas un cri;
Mon village semble vide.
Il pleut tout droit,
En silence,
Contre le vert des prés et le rouge des toits…
Désir d’absence,
D’être ailleurs,
Loin de ces pleurs,
Loin de ces longs traits de la pluie,
Barreaux de ma mélancolie…
Et cependant on reste sans bouger, sans dire
Rien,
Quand on voudrait marcher vers le bout de la terre,
En chantant, jusqu’à ce bel empire,
Vous savez bien!
Où, m’a-t-on dit, il ne pleut guère,
Jusqu’à ce radieux empire, tout là-bas,
Où, peut-être, il ne pleut pas.
CCCXVI
Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié























